Moment de vérité: la dégustation à l’aveugle

Quand je me suis inscrite à l’ITHQ, je pensais bien qu’on en apprendrait sur la dégustation, mais je ne m’attendais pas à ce que cela se fasse si tôt. Premier cours, on déguste 4 vins. Personne ne prend de crachoir : gênés, on n’ose pas. Le professeur Stéphane Leroux déguste, nous sommes ébahis.

Deuxième cours : tout le monde a compris que c’était un peu stupide de ne pas cracher, tous ont désormais leur crachoir. Le prof nomme quelqu’un qui doit décrire le vin; nous sommes inquiets.

Le stress des prochains cours me rend presque malade. Je décide alors de me lancer, volontairement, arguant que je préfère choisir le moment où je vais au bûcher (mes mots exacts). Sans faire d’exploits surhumains, je me débrouille; je suis soulagée.

 

Dégustation de vin

 

Quelques cours plus tard, notre professeur nous annonce que dorénavant, les dégustations se feront debout devant la classe. Stress intense prise 2. Je me porte encore volontaire, je serai la première à déguster devant tous. Je décide d’ajouter un accord vin et mets à ma description. Peu de gens s’y risquant, j’ai eu envie de me lancer. Après tout, tant qu’à payer un cours aussi cher, aussi bien en retirer le maximum, non? La réaction du prof : il était content que je me sois lancée dans cet ajout.

Je me suis vite aperçue, au fur et à mesure des dégustations, quelles étaient mes forces et faiblesses :

1- Je suis incapable, en dégustant un vin, de me prononcer sur son avenir. « Je le ferais vieillir encore 7 à 10 ans », se prononçaient certains. Euh, je viens de prendre une gorgée et je dois savoir ça, moi?
2- Il y a des soirs où mes notes de dégustation sont conformes à celles du prof et d’autres où je semble avoir oublié mes sens olfactif et gustatif à la maison. Ceci me pousse à croire aux principes de la biodynamie : les jours fruits, on déguste mieux. Peut-on organiser les prochaines sessions de cours selon le calendrier lunaire, svp?
3- Je sais harmoniser un vin avec un plat. Je me mets souvent au défi dans mon travail de gestionnaire de communauté pour la SAQ. Je tente de deviner quels types de plats iraient avec tel vin et j’y arrive souvent. Faut dire que j’ai plusieurs années d’épicurisme derrière la cravate.

 

L’examen

Vient alors le jour D, pour examen de dégustation. Nous avons deux vins devant nous, deux fiches à remplir. Un de ces deux vins doit être dégusté devant le prof et nous devons deviner millésime, cépage, région et appellation. Pour l’appellation, on repassera, je ne me sens généralement pas encore assez calée pour ça. J’ai fait de mon mieux et il s’est avéré que c’était pas mal. Certainement un des exercices les plus stressants de ma vie. Maintenant que c’est fait, j’ai envie de me remettre au défi quotidiennement. J’ai d’ailleurs mandaté mon amoureux : chaque semaine, à l’aide de Gaston, mon conseiller de la SAQ Beaubien, il sélectionne un vin typique d’une région française que je dois ensuite deviner. Vous allez rire, mais je vous avoue que c’est probablement le meilleur moment de la semaine!

 

Les copains pros de la dégustation: Messieurs Fred Fortin (SAQ Cellier) et David Pelletier (alias Le Sommelier Fou) ainsi qu'une amie et collègue de mon cours de sommellerie, Kim Jalabert lors du Salon des vins de Québec.

Les copains pros de la dégustation: Messieurs Fred Fortin (SAQ Cellier) et David Pelletier (alias Le Sommelier Fou) ainsi qu’une amie et collègue de mon cours de sommellerie, Kim Jalabert. Au Salon des vins de Québec.

 

Pour en apprendre plus sur la dégustation, j’ai dégoté les vidéos suivantes qui vous donneront peut-être envie de troquer votre partie de jeu de cartes du vendredi pour une dégustation à l’aveugle entre amis!

Élyse Lambert et ses trucs du métier:

 

J’ai trouvé cette vidéo qui m’a paru très claire. Il faut par contre faire abstraction de la repoussante musique d’ascenseur.

 

Capsule SAQ Cellier dans laquelle l’experte produits Julie Perreault nous partage les plaisirs de la dégustation à l’aveugle et des trucs pour en organiser :

 

Et finalement, pour vous jeter par terre, regardez avec quelle aisance et rapidité notre grande Véronique Rivest décrit les vins lors du concours du meilleur sommelier du monde 2013. Épatant, vraiment!

 

Même si je suis loin d’être une Véronique Rivest ou même d’en avoir l’aspiration, le plaisir de se lancer à la découverte de l’inconnu qui se cache dans mon verre est devenu incontournable. J’ai un ami parfait avec qui m’adonner à cette activité. Autodidacte, il s’est fichtrement bien entraîné, tant théoriquement qu’en pratique. Ensemble, on prend un plaisir fou à se mettre au défi, privant nos amis de notre présence pour 20 minutes de notes de dégustation à chaque nouvelle bouteille ouverte. Je suis contente de partager cet amour de la dégustation avec certains amis parce qu’il m’est encore difficile de me lancer lorsqu’un sommelier pro est à mes côtés. C’est là où je me rend compte à quel point l’univers du vin est impressionnant et qu’il y a tant à apprendre.

– Votre apprentie sommelière

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Showing 7 comments
  • Mélanie
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    J’ai adoré ton billet! Pour avoir fait DDV1 à l’automne avec Stéphane Leroux également, c’était amusant de lire l’expérience (largement partagée) vécue par une autre. Longue vie à ton blogue!

    • Marie-Hélène
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      Trop gentil! Alors je ne suis pas la seule qui avait peur de la dégustation au départ? 😉 As-tu continué au cours DDV2?

  • Mélanie
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    DDV2 ne commence qu’en septembre. Mais oui, je compte m’inscrire 😉

  • Olivier visentin
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    Bravo pour ce beau partage! Ayant travaillé quelques années avec Stephanne Leroux, je peux te dire que tu es entre bonnes mains. Le vin nous apprend l’humilité.

    • Marie-Hélène
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      Merci Olivier, je tente de partager mon expérience de façon ludique autant que possible ;).
      Où avez-vous travaillé avec Stéphane Leroux?

  • Visentin
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    Au restaurant Lemeac.
    Lui sommelier et moi Maitre hôtel ..
    Bonne continuation!

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