Apologie du vin en haut de 15$

Aujourd’hui, c’est le temps qu’on se dise les vraies affaires : bien que je comprenne que nous ne sommes pas tous de riches amateurs de vin détenant un budget faramineux pour leur consommation quotidienne, il faut sortir du piège des vins en dessous de la barre des 15 $. Je vous offusque, vous ne comprenez pas? Attendez que je vous explique.

Pendant mes années d’études en science politique, j’ai crevé la dalle et l’achat d’une bouteille de vin était un luxe que je m’offrais rarement. Je buvais allègrement de la Wild Cat Dry si c’était ce qui était disponible. Plus je me suis intéressée au vin, plus j’avais envie d’explorer de nouveaux cépages. Moi, la fille extraconservatrice qui prend le même plat au restaurant. Mais voilà qu’au fil des apprentissages, je me suis rendu compte que pour explorer, il faut parfois débourser un peu plus que quinze dollars.

Tel un amateur de kayak de mer n’ira pas pratiquer son sport sur une embarcation fragilisée, l’amateur de vin se doit de sortir de sa zone de confort et explorer. Le plaisir de la découverte du vin ne peut se faire sans investir un minimum, et je ne parle pas de million de dollars.

Une abonnée de ma page Facebook m’avait écrit un message de déception à la suite de quelques-unes de mes suggestions qui lui semblaient hors de prix. Je ne souhaite pas céder là-dessus; si vous me suivez, je vous ferai part de mes découvertes, peu importe s’il s’agit d’un vin à 12 $ ou à 60 $. Je prends plaisir à déguster les aubaines et les excellents rapports qualité-prix tout autant qu’à savourer un bon pinot noir de Bourgogne.

Le problème, c’est qu’on fait rapidement le tour des vins en bas de 15 $ et, si l’on veut s’ouvrir au monde du vin, vaut peut-être mieux parfois se doter de bouteilles complémentaires. Aussi, plusieurs médias demandent systématiquement aux chroniqueurs de suggérer des vins en bas de 15 $. Il devient alors inévitable que ces vins se répètent. C’est redondant, ne trouvez-vous pas?

La solution: l’équilibre!

L’idée, c’est d’avoir en réserve de bons vins classiques pas chers et des bouteilles qu’on a envie d’essayer, peu importe leur coût, à déguster à deux et non lors des soirées entre amis.

Et même si vous ouvriez vos horizons à des vins entre 15 $ et 20 $, un monde serait alors à votre portée.

Versions hip de vos vins en bas de 15 $

Je vous propose des vins d’excellents rapports qualité-prix, mais un peu plus chers. Des vins plus complexes, plus développés, plus complets. Au cas où vous auriez envie de vous offrir une gâterie. 😉

Pinot noir Les Jamelles (14,45 $) >> Bachelder Côtes-de-Nuits-Villages Aux Montagnes 2011 (32 $)

 Les Jamelles                    >>                       Bachelder

Un excellent pinot noir représentant la typicité du cépage en bas de 20 $, c’est plutôt difficile à trouver. Ce pinot à 32 $ de Thomas Bachelder est mon récent coup de coeur. Un vin épicé aux tanins soyeux et aux fruits rouges juteux, du pur bonheur! Et je vous promets qu’il vaut chaque dollar investi. Je pense faire un billet complet sur Bachelder tellement j’affectionne ses vins. Merci d’ailleurs au blogueur Le sommelier fou pour la découverte!

Le Québécois Thomas Bachelder a laissé sa marque chez Lemelson, en Oregon et au Clos Jordanne, domaine phare de la vallée ontarienne du Niagara. En 2009, il lance son propre « Projet Bachelder », consacré principalement au chardonnay et au pinot noir de trois régions : Oregon, Niagara et Bourgogne. Fier ambassadeur de cette nouvelle aventure, ce rouge enchante avec son profil fruité et floral, agrémenté de subtiles notes boisées.

Carmen Chardonnay (13,30 $) >> Domaine Olivier Santenay Les Côteaux Sous la Roche 2011 (33,25 $)

Carmen Chardonnay                          >>                           Domaine olivier

Le Domaine Olivier : autre giga coup de coeur de l’amatrice de chardonnay de la Bourgogne que je suis!

Établi depuis les années 60, le Domaine Olivier est reconnu comme un des meilleurs producteurs de vins blancs de cette appellation bourguignonne.

Woodbridge Sauvignon Blanc (14,50 $) >> Domaine Paul Prieur et fils Sancerre 2012 (24,50 $)

 Woodbridge Sauvignon Blanc                      >>                            Domaine Paul Prieur et fils Sancerre 2012

Ça, c’est sancerrement bon!

Le domaine Paul Prieur se spécialise dans l’élaboration de sancerres rouges, blancs et rosés. Établie sur un vignoble de 18 hectares au pied des Monts Damnés, la famille Prieur peut s’enorgueillir d’une expertise forgée au fil de 11 générations à travailler le raisin. Ce blanc affiche toute la puissance et la minéralité que lui confère le sol de silex sur lequel sont cultivées les vignes d’un âge moyen de 25 à 30 ans.

Délaissez le nouveau monde et tournez-vous vers les classiques, au moins une fois de temps en temps. Pour connaître leurs secrets et apprécier encore plus le vin.

Je vous propose de suivre ma nouvelle résolution : boire moins, mais mieux!

À la vôtre!

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Showing 7 comments
  • Julie Cattabriga
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    Vraiment super la comparaison entre les vins populaires et tes suggestion! Merci MH 🙂

    • Marie-Hélène
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      Merci Julie! Ce sont surtout des gros coups de coeur que j’ai eu récemment! 🙂

  • Mariette
    Répondre

    Je me suis reconnue lorsque vous parlez d’une abonnée qui vous exprimait sa déception, mais je dois avouer que de la manière que vous expliquez les choses, je comprends davantage et respecte vos choix, vos analyses et suggestions. Merci de prendre le temps de partager vos expériences avec nous! Je vous lis sincèrement avec beaucoup d’intérêt et compte mettre en pratique certaines de vos suggestions!

    • Marie-Hélène
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      Wow merci Mariette, vous faites ma journée! 🙂 – ou ma soirée, il est tard 😉

  • Michel
    Répondre

    Je suis d’accord que plusieurs bons vins sont plus de 15$ et aussi qu’il faut oser parfois débourser quelques dollars supplémentaires pour une expérience hors du commun. Comme amateur de bières, cela est la réalité aussi. Il n’est pas rare que je débourse entre 12$ et 16$ pour une bière 750ml et on est loin de la Wildcat Dry 8.0% à 6$. Par contre, la différence entre bières et vins ici est le nombre. Comme tu as mentionné les vins de 15$ ou moins, on en fait vite le tour vu que la SAQ en mets de moins en moins sur les tablettes. Et vu le dernier budget de Leitao, ca ne va pas aller en s’améliorant de ce coté à la SAQ non plus. De plus, acheter un vin à 25$ et le trouver  »ordinaire » est aussi courant. Donc à mon avis investir plus de $$ pour découvrir, c’est bien, mais il faut y aller avec son budget tout de même. D’accord pour l’idée de garder 1 ou 2 plus dispendieux dans sa réserve et de boire mieux mais moins souvent 🙂

  • Eric Laframboise
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    Bonjour Marie-Hélène,

    je voulais te dire que j’ai découvert ton blogue il y a seulement deux semaines mais j’aime beaucoup suivre ton parcours et ton développement comme dégustatrice.
    Et j’aime bien cet article, bravo d’encourager les gens à sortir des sentiers battus.
    Seul petit bémol dans l’article, tu mentionnes prendre plaisir à ‘savourer un bon pinot noir de Montrachet’. Or il n’y a pas de pinot noir dans l’AOC ‘Montrachet’ car seul le blanc y est toléré. Je joins d’ailleurs à ce message le lien vers la fiche de l’AOC ‘Montrachet’ tirée du site officiel des vins de Bourgogne où tu pourras le constater.
    http://www.vins-bourgogne.fr/nos-vins-nos-terroirs/tous-les-bourgognes/gallery_files/site/321/402/29684/29733.pdf

    Vu que tu te décris comme une apprentie sommelière en apprentissage constant (comme nous le sommes un peu tous dans le domaine du vin), j’espère que tu ne m’en voudras pas. Le commentaire se veut constructif afin de t’aider si tu retrouvais cette question dans tes exams du WSET niveau 3.
    Sinon, continue ton bon travail et bonne chance dans tes examens !

    • Marie-Hélène
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      Tu as bien raison, merci de me l’avoir dit, erreur de ma part et distraction. C’est corrigé, merci Éric.

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